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Au Burundi, l’année commence très mal pour les défenseurs des droits de l’homme. Selon une ordonnance ministérielle rendue publique ce mardi 3 janvier,  Iteka, la plus ancienne ligue des droits de l’homme est « définitivement radiée de la liste des Associations sans but lucratif (Asbl) œuvrant au Burundi ».

Suspendue d’activités au début de la crise en avril 2015 avec l’annonce d’une nouvelle candidature controversée du Président Nkurunziza, la ligue Iteka a été cette fois-ci « radiée » à cause de ses activités sur le terrain en dépit de la suspension. « Dignité » en Kirundi, la langue nationale du Burundi, la ligue a été notamment punie par les autorités en raison d’un rapport accablant publié en novembre dernier. Dans ce rapport co-rédigé avec la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), la  ligue a fait le point des violations massives des droits de l’homme et des actes de répression du gouvernement. Elle a aussi dénoncé mi-décembre dernier, une recrudescence d’arrestations de membres de  partis d’opposition  et l’instauration d’un climat de « peur généralisée ». Pour le pouvoir, il s’agit d’actes ternissant l’image du pays.  A ce sujet, accuse les autorités, « cette association n’a pas cessé les agissements pour lesquelles elle avait été suspendue » et persiste à « ternir l’image du pays et à semer la haine et la division au  sein de la population du Burundi ». De son côté, Anschaire Nikoyagize, Président de Iteka y voit une décision corroborant les exactions du régime Nkurunziza dénoncées dans le rapport de la ligue. Malgré cette radiation, la ligue assure qu’elle continuera ses activités dans la « clandestinité ».

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