CAF : Gianni Infantino, le pion qui a fait tomber Issa Hayatou

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La Confédération africaine de football (Caf) a tenu, hier jeudi 16 mars 2017 à Addis-Abeba en Ethiopie, son congrès électif au terme duquel le Malgache Ahmad Ahmad a été élu nouveau président de l’institution, par 34 voix contre 20 pour Issa Hayatou. Une nouvelle page de l’histoire du football s’ouvre.

Séisme au niveau du football africain. Le dernier dignitaire du football mondial est tombé les armes à la main, ce 16 mars 2017 à Addis-Abeba, avec une envie de régner aussi intacte qu’en août 1988, où il a pris les rênes de l’institution.

A la surprise générale, Issa Hayatou au poste depuis 29 ans a été battu par le président de la Fédération malagasy de football (Fmf), Ahmad Ahmad, dans l’auditorium Nelson Mandela de l’Union africaine. 34 délégués ont porté leur choix sur cet inconnu du monde il y a encore trois mois.

Il détrône celui qui jusque là, a régné sans partage à la tête de la Caf, écrasant tout adversaire qui se dresserait comme l’Angolais Armando Machado en 2000, et le Botswanais Ismail Bhamjee en 2004. Soutenu par des frondeurs venus d’Afrique australe et de quelques fédérations d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, dont de nombreux anglophones, Ahmad est venu à cette élection sans beaucoup de crédit.

Les sbires de Hayatou ont annoncé un massacre comme à l’accoutumée. L’homme toujours soupçonné d’actes de corruption et népotisme, a résisté à tous les vents ravageurs dont ceux qui ont emporté Blatter et Platini, et a cru jusqu’au bout à un huitième mandat.

Issa Hayatou a plaidé pour son bilan, avançant «une expérience et une sagesse inégalées». Mais, le Malgache est resté serein en promettant «une transparence dans la gestion» de la Caf, et la fin des «pratiques obsolètes». Et il n’a pas semblé surpris du résultat. «Si je pensais que je ne pouvais pas y arriver, je ne me serais pas présenté», lâche Ahmad Ahmad à la presse après le vote.

Infantino, un allié fort?

L’élection du 6ème président de la Caf est certes le choix des délégués. Mais, Gianni Infantino, président de la Fifa, a bien été un allié fort, un soutien de taille officiellement non déclaré. Dans l’ombre, lnfantino  a pris sa revanche sur le patriarche Issa Hayatou qui a soutenu Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, lors de l’élection à la présidence de la Fifa en février 2016.

Gianni Infantino était accusé depuis plusieurs mois de rouler pour le rival d’Issa Hayatou, avec sa tournée africaine entreprise à quelques semaines de l’élection. Si son implication dans l’échec de Hayatou reste à prouver, des sources indiquent que sa chambre d’hôtel à Addis-Abeba a joué un rôle dans cette élection en étant le théâtre des tractations, la veille de l’élection.

L’heure du changement

L’élection de l’ancien joueur, entraîneur et président de la Fmf, sonne comme une envie manifeste des membres de la Caf de voir autre chose. «L’Assemblée générale a décidé d’ouvrir une nouvelle page. Nous espérons passer à une autre étape, améliorer ce qui a été fait.», a déclaré le président de la Fédération sénégalaise Augustin Senghor.

Le vice-président de la Fédération ghanéenne, George Afriyie, commente: «Son excellence Issa Hayatou a fait beaucoup pour le football africain, il était temps pour lui de se retirer». «Hayatou est un colosse, vraiment, il a dominé le football africain pendant des décennies“, indique Seyi Akinwunmi, vice-président de la fédération nigériane, avant de faire remarquer que «le monde a changé, nous avons vraiment besoin d’énergie, et la vérité c’est qu’Issa Hayatou a 70 ans».

C’est dire que cette élection est une volonté de voir une autre gestion du football africain. Cela passe par des réformes dans le fonctionnement de l’institution, dont le manque de transparence a toujours été décrié. La réorganisation des compétitions comme la ligue africaine des clubs champions, et la coupe de la Caf est un chantier qui mérite l’attention. C’est donc beaucoup d’espoir qui accompagne la venue d’Ahmad Ahmad, (57 ans) à la tête de la Caf

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2 Commentaires

  1. Comment a t-on accepté de laisser une telle institution aux mains d’un homme pendant 26 ans ? Et à 70 ans il ne veut plus en partir…! C’est finit, au-revoir président !

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