Turquie – UE: L’Europe est devenue la ‘‘tête de turc’’ du président Turc Recep Tayyip Erdogan

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L’Allemagne d’abord, les pays-bas ensuite, ont commis le ‘‘péché’’ d’expulser des ministres turcs qui avaient fait le déplacement pour assister à des meetings Pro-Erdogan.

Depuis ces affronts (qui ont inspiré d’autres pays européens contre les manifestations pro-Erdogan), le président de la Turquie ne décolère plus contre l’Union Européenne. Dès le début de l’affaire, Erdogan a frappé fort, qualifiant ces attitudes de ‘‘pratiques nazies’’. Depuis, l’escalade verbale de l’homme fort d’Ankara contre l’Ue va en grandissant, avec chaque jour un peu plus de menaces.

«…Aucun Européen, aucun occidental, ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité, dans la rue… »

Le président turc, qui a visiblement trouvé en l’Ue sa tête de turc, a franchi un nouveau palier hier mercredi : «Le monde entier suit ce qu’il se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun occidental, ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité, dans la rue, nulle part dans le monde», promettait Erdogan, remonté.

« La Turquie n’est pas un pays qu’on peut bousculer, dont on peut jouer avec l’honneur, dont on peut expulser les ministres», disait encore hier Erdogan au cours d’un discours à Ankara.

Preuve s’il en fallait qu’en Turquie, on n’est pas encore prêt de tournée la page de cette expulsion presque dans l’humiliation de ministres turcs en Allemagne et en Hollande.

Mais qu’est-ce qui rend Tayyip Erdogan aussi sûr de lui dans sa croisade contre l’Ue ?

Le président turc affiche une position de force qui peut étonner. Mais la principale raison est simple : la gestion du flux migratoire de syriens. Le président turc tient une arme puissante qui lui donne l’assurance qu’il peut tancer les européens sans craindre des représailles. Cette arme, c’est cet accord migratoire passé le 18 mars 2016 entre la Turquie et l’Ue.

Cet accord prévoit un plan global pour réduire la migration vers l’Europe en renvoyant les migrants (majoritairement syriens) en situation irrégulière présents en Grèce vers la Turquie. Si Erdogan rompt cet accord et ouvre les vannes aux migrants, ce sont près de quinze mille (15.000) réfugiés qui passeront de la Turquie vers la Grèce ; et une fois en Grèce, ils pourraient facilement s’éparpiller dans toute l’Europe. Une perspective que l’Union européenne redoute fortement. Erdogan le sait et il joue sur cette force, à fond. Il prévient, menace, insulte, au grand dam d’une Europe qui, pour le moment, n’a pas d’autre choix que de subir…

Rien à faire, le président turc tient son souffre-douleur, sa tête de turc…

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