Gouvernance mondiale : Citius, Altius, «Insanius »

Dans la galerie des dirigeants du monde, de cette fragile planète, jamais un président n’a fait autant de mal à la renommée de la caste des Présidents, en voulant tenir ses incroyables promesses.

La métaphorique devise olympique, parodiée ici, n’aura autant convenu à ces gens qui prétendent avoir des ambitions pour tous les peuples qui les élisent et qui en sont parfois surpris.

Plus fort, plus haut, plus fou !!!

Et le Président américain est pareil à un éléphant dans un magasin de porcelaine (n’allez pas voir à nouveau une allusion à son patronyme) en concentrant, à lui tout seul et de façon crue, toutes les qualités qui desservent le type de fonction qu’il occupe.

Du syndrome DSK aux déboires FILLON.

La victoire inespérée de Donald TRUMP, et les dommages accumulés en à peine plus de trois semaines de présidence en disent long sur l’impréparation du personnage à une telle fonction.

Et on ne peut qu’y voir une chance, et même un effet du sort, lorsque certains candidats à la haute fonction se font recaler. Le cas de Dominique Strauss Kahn est emblématique. Sur la foi des rumeurs et les faits de la peu flatteuse affaire du Sofitel, que serait-il advenu de sa présidence et de son travail à l’Elysée, si cet homme avait accédé à la présidence de la République française ?

Cette fonction présidentielle qui demande un minimum d’exemplarité de l’homme qui voudrait présider à la destinée d’une nation. Et si cela reste accessible à toutes sortes de prétendants, les affaires comme celles qui embarrassent aujourd’hui le candidat FILLON, illustrent bien ce fait. Cet homme de droite qui, dans son programme promet de la rigueur et des efforts au peuple français, ne s’est nullement appliqué, dans un passé récent, les mêmes vertus en matière de gestion de l’argent public.

Le meilleur, pour ne pas dire le plus probe des candidats et, disons cela, le plus propre, n’étant pas toujours le plus habile dans les recettes de campagnes électorales. En d’autres termes, l’homme qu’il faut peut ne pas accéder au pouvoir. Ou l’homme qui y accède n’est souvent pas celui qu’il faut.

La mauvaise reconversion

Si l’on observe bien, l’intrusion des hommes d’affaires ou le milliardaire, comme on appelle Trump, dans la politique au plus haut niveau reste une chose éminemment néfaste, quoi qu’en pensent ceux qui refusent toute discrimination envers cette catégorie de citoyens.

Les relents affairistes ne sont pas exempts dans leurs décisions et les effluves mercantiles semblent souvent émaner de leur gestion de la chose publique.

Quand Donald Trump brandit son décret anti immigration, il vise sept pays dont les ressortissants n’ont pourtant jamais été mêlés à des actes terroristes sur le sol américain, comme l’écrit Le Canard Enchaîné du 1er février 2017 citant le Washington Post. Le journal américain de relever le fait que Trump possède huit sociétés du coté de Ryad, deux au Caire et treize dans les environs d’Abu Dhabi.

Le fameux décret, si l’on ose dire, n’a pas oublié les intérêts de la famille Trump, ces capitales sont celles de pays non visés par le fameux décret, retoqué depuis par la justice américaine.

Cela dit, cette irruption du business dans la politique en Afrique n’a d’autre explication que les écarts de conduite des habituels professionnels de la chose politique qui ont cédé la place et ont fait le lit aux hommes d’argent. En somme, ceux-ci profitent du discrédit du politique. D’ailleurs un peu comme les hommes politiques français qui entrent à vie dans la classe politique, cumulant les mandats et les gérant même de père en fils ou en fille, entre promotionnaires et majors de promotion.

Et quand l’homme d’affaires vient en politique, il y vient, parce qu’il se demande combien de chefs d’états, combien de ministres ne sont, après tout, que de simples individus, pour qui le pays demeure le tiroir-caisse.

On n’a malheureusement pas exploité les Panama Papers comme il fallait. Une nouvelle chassant trop rapidement une autre, un fait trop précipitamment un autre, les conclusions qui devraient suivre les révélations sont passées aussi vite que ne s’affichent, sur nos écrans, les nouvelles et les brèves qui se succèdent sans répit. Ce scandale a, semble-t-il, vite été emballé.

Trump est de ce point de vue l’illustration la plus triviale de ce qu’on pourrait appeler la « mal élection », pareille au concept de la malbouffe. Et qu’on arrête de nous parler de vision à son sujet. Il constitue la preuve que les lubies d’un homme, fût-il un chef d’entreprise prospère, peuvent mettre en miettes des pages d’une des plus solides constitutions du monde.

De quelle vision est-il question?

Laissons là le cas du Président américain. Car, ceux qui ont voté pour lui se demandent déjà pour quelles raisons ils l’ont fait.

Et revenons aux catégories de nos dirigeants à nous. Les cas les plus les plus invraisemblables sont ceux donnant par exemple l’occasion à ces « types », qui ne sont préparés à rien, de se voir propulsés au pouvoir. Par le plus grand des hasards et pour le plus grand désespoir des peuples qui, disons-le, se retrouvent face à un Ubu.

Mettons de côté la catégorie de nos Présidents qui refusent de quitter le pouvoir, ceux-là, à force de n’avoir pour unique point de mire les richesses à accumuler, n’ont plus de vision.

Sinon, que l’on précise qu’il s’agit bien de représentation imaginaire susceptible de déboucher sur l’enrichissement du chef et celui de son clan.

Le plus incroyable est le cas d’Eduardo Dos Santos qui, au bout de trente-sept années de pouvoir, annonce sa retraite, après avoir fait de sa

fille Isabel une milliardaire et distribué à ses proches le butin que constitue pour lui l’Angola.

Une vision née de la lutte d’indépendance de ce pays ?

Pauvres combattants et militants du MPLA, du FNLA et de l’UNITA !

Enfin, quelle vision l’ubuesque Jammeh pouvait-il bien avoir vingt ans plus tôt, lorsque, contraint de quitter la Gambie, ce folklorique dirigeant, ne tenait qu’à sauver, en plus du casse du Trésor gambien, sa tête et ses treize voitures de luxe ?

Ce qui est le plus drôle, c’est que tous ces comiques, au pouvoir, ne mesurent pas assez souvent la portée de leurs décisions, et s’y maintiennent en abusant le peuple derrière une prétendue stature de grand visionnaire.

Dr Florentin CODO

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