Jacob Zuma sur les traces de Robert Mugabe : promettre « d’arracher » la terre aux Blancs, juste pour redorer son image

Une rhétorique populiste bien sentie, qui rend l’Occident responsable de tous les maux en Afrique ; qui promet réparation après les affres de la colonisation ; qui jure de faire rendre gorge à tous les héritiers de l’impérialisme ainsi que leurs valets locaux.

Voilà les ingrédients de la recette miracle ! Celle qui permet à tous les dirigeants africains en perte de vitesse de se refaire une santé au sein de l’opinion publique. Et ceci se passe presque toujours à l’approche d’une échéance électorale qui s’annonce sous de mauvais auspices pour eux. On a ainsi pu voir l’iconoclaste Robert Mugabe, se souvenir de la question agraire au moment où l’opposition était plus proche que jamais de contraindre ‘‘le vieux’’, par voie des urnes, à une retraite bien méritée. La recette a produit les effets escomptés, une fois, deux fois…Au point où, Jacob Zuma, lui aussi en mauvaise posture à l’approche des élections en Afrique du Sud, a décidé de s’inspirer de la recette miracle de la réforme agraire, en dépit des résultats catastrophiques, après coup, de cette mesure électoraliste dite de redistribution de terres, chez le voisin Zimbabwéen.

Jacob Zuma sur les traces du nonagénaire d’Harare

Preuve que le plus important pour lui est de redorer son image et de repositionner son parti pour les prochaines échéances électorales quoi qu’il advienne après coup, le président de l’Afrique du Sud, acculé jusque dans son propre camp, et sentant le gouvernail échapper à son parti, a annoncé la semaine dernière qu’il réfléchissait à des mesures en faveur d’une expropriation de la terre aux Blancs, sans compensation financière. Son auditoire était bien choisi : les chefs traditionnels. Et son annonce a eu l’effet d’une bombe.

Décidé à faire usage de cette recette qui a fait la preuve de son efficacité ailleurs, Jacob Zuma a continué sur sa lancée, promettant un audit de la terre et une modification de la loi fondamentale du pays qui rendra légale une expropriation dans aucune compensation. Un durcissement de ton sous fond de calcul politicien qui s’accompagne toujours de formules populistes bien choisies, comme celle-ci, qu’il a assenée il y a deux mois devant un public acquis à sa cause : « Pourquoi le gouvernement doit-il payer pour des terres qui ont été volées ? ».

Un discours tapageur qui a provoqué le tollé au sein de l’élite sociétal, jusque dans son propre camp. Jacob Zuma n’en a cure. Il sait qu’une élection se joue aussi et surtout au sein de la basse classe populaire, celle-là justement qui n’est pas insensible à ce genre de rhétorique populiste.

Qu’on se le dise bien : l’idée d’une réforme agraire n’est pas mauvaise en soi. Mais que la question survienne à chacun fois à l’approche d’une échéance électorale, cela biaise le débat et conduit à un résultat totalement à l’antipode des objectifs affichés. Il suffit de faire un tour au Zimbabwe de Robert Mugabe (jadis grenier de sa sous-région), pour constater le désastre…

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2 Commentaires

  1. Zuma fait certes de l’electoralisme bon marche.
    MAis la question d ela terre en Afrique du Sud est une question cle, comme elle l’etait dans l’ex Rhodesie du Sud devenue Zimbabwe…
    IL faut certes preparer la reforme agraire et mettre en place ce qui va suivre mais 20 ans apres la fin officielle de l’apartheid on ne peut e;luder cette question…
    Mais au dela des terres, qu’en est il des mines proprietes de deux grands groupes Anglo-American et De Beers qui tiennent l’economie d’Azanie en tenailles ?
    Est ce que parce que les Cyrille Ramaphosa , Tokyo Sexwale et autres beneficiaires du soit disant Black Empowerment ont des miettes de ces mines que la question est resolue ?
    Le chemin de l’independance est long…

  2. Voila a un leader en manque d’inspiration qui utilise la xenophbie comme arguments de campagne et pousse sa population a s’attaquer a leurs propres freres et soeurs africains

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