Leçons de football et leçons de vie

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Coup de tonnerre à la Confédération africaine de football (CAF). Il n’est pas sans rappeler le tsunami intervenu plus tôt à la Fédération internationale de football association (FIFA).

L’erreur, face à tous ces événements, c’est de se focaliser sur un homme ou sur une femme, oubliant le système qui est à l’œuvre. D’abord l’arbre qui nous dédouane de tout et qui nous cache la forêt de nos responsabilités individuelles et collectives. L’erreur, c’est de dérouler le tapis rouge à l’anecdotique et d’enfermer dans les vestiaires des leçons de vie. Point n’est besoin de nous réjouir ou de nous apitoyer.

Il s’agit de nous accrocher ferme à cette base référentielle de sagesse qui enseigne qu’à quelque chose malheur est bon. De la foudre tombée sur deux institutions faîtières du football international, retenons trois grands enseignements pour l’Afrique.

Premier enseignement

Une charge publique n’est pas une propriété privée. La transition démocratique en Afrique, signe éminent de progrès, nous sort de l’idée selon laquelle le chef est directement investi par Dieu. Ce sont ses pairs, fort de leur souveraineté, qui lui délèguent une part de pouvoir. Sur la foi d’un contrat de confiance, assorti d’une obligation de résultats.

Cela est vrai, ici. Cela est vrai, là-bas, à la CAF. La leçon pour l’Afrique, c’est de s’interdire des mandats intemporels. Plus de mandats à durée indéterminée. Plus de mandats qui se renouvellent automatiquement et à l’infini. Plus de mandats qui consacrent à leur poste des demi-dieux. A la vérité, des monstres. Ils ne rêvent plus que d’emprunter l’ascenseur de Dieu.

Regardons la nature autour de nous. Elle ne fige jamais un arbre dans sa condition. Celui-ci est appelé, à saison régulière, à se renouveler, à être dans l’air du temps. Les anciennes feuilles vieillissent et tombent. Poussent à leur place de nouvelles feuilles, inaugurant ainsi un cycle de mutation sans fin. Vous êtes-vous demandé pourquoi Dieu a-t-il ordonné ainsi les choses ? Débarrassons-nous de la prétention que nous pouvons faire plus, que nous pouvons faire mieux que Dieu.

Deuxième enseignement

Vanité des vanités et tout est vanité (Ecclésiaste 12,10). S’énonce et s’annonce ainsi la grande loi de l’humilité. Celle qui nous fait prendre et nous fait comprendre les choses dans les limites de leurs dimensions humaines. L’humilité nous aide à ne pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas et à ne pas nous illusionner de pouvoir faire ce qui n’est pas en notre pouvoir. Nous connaissons la fable de “la grenouille qui veut se faire aussi grosse qu’un bœuf “. Ce à quoi les Yoruba répondent “Ko tché tché”, relayés aussitôt par les gun “Ekpin” ou par les Fon “Eglo”. Les Ouolofs du Sénégal pour fermer la marche : “Mounoul nek”

Pour dire que dans l’exécution de toute mission, dans l’exercice de toute fonction, l’éthique ne doit pas être loin, quels que soient les intérêts en jeu. Il s’agit de l’éthique de la vérité. Celle qui nous interdit formellement de nous mentir à nous-mêmes, de mentir à autrui. S’incliner devant la vérité est une preuve d’humilité. Malheureusement, partout où croisent et s’entrecroisent des intérêts contraires et souvent nauséabonds, les flatteurs, les larbins et autres griots de service sévissent. Ils vivent aux dépens des chefs qui les écoutent, les empêchant de voir la vérité, de s’incliner devant la vérité. Donc d’être et de rester humbles. S’ouvre alors devant des chefs, fermés à toute crainte de Dieu, l’autoroute de tous les excès, de toutes les outrances, de toutes les arrogances.

Troisième enseignement

Tout pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Celui qui est pris dans les liens de cette logique implacable n’a ni le cœur ni la tête pour apprécier les conséquences de ses œuvres. Il ne peut voir le champ de ruines qui s’étend sous ses yeux. Il ne peut s’ouvrir aux souffrances qu’il cause à autrui. Il ne peut mesurer la ponction qu’il opère sur les ressources d’avenir, bradant les intérêts des générations futures.

Regardons l’Afrique telle qu’elle va aujourd’hui. Observons quelques escales ici et là. La carte politique de notre continent s’étend comme un immense patchwork, c’est-à-dire un tissu fait de morceaux disparates cousus les uns aux autres. Le bras de fer entre les autocraties endurcies et les démocraties naissantes continue. Alors, sur l’air et le mode de l’hymne de la Grande-Bretagne, chantons : que Dieu sauve l’Afrique.

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2 Commentaires

  1. Là le grand frère Carlos a sonné la charge.C’est une vraie leçon de vie à tous les autocrates indécrotables: Biya, Bazogo Mugab
    Hayatou tes petits enfants t’attendent avec des roses

  2. Puisse nos politiciens africains en prendre de la graine pour que le continent décolle afin que la pauvreté soit un mauvais souvenir dans les années à venir

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