Le Pape François reconnaît à mots couverts que l’Eglise a péché pendant le génocide rwandais

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A quelques jours du 23ème anniversaire du génocide rwandais qui a commencé le 07 avril 1994, le président rwandais Paul Kagamé a été reçu par le Pape François. Cette rencontre qui a eu lieu hier lundi a duré une vingtaine de minutes. Un tête-à-tête relativement bref au cours duquel le minimum aura toutefois été fait, puisque le Pontife a choisi l’occasion de cette rencontre avec l’homme fort de Kigali pour faire amende honorable.

Ceci se passe au Vatican. Hier en face du président Paul Kagamé, le Pape François a exprimé « Sa profonde tristesse, et celle du Saint-Siège et de l’Eglise, pour le génocide perpétré contre les tutsi…. » Pour mémoire, au cours du génocide rwandais qui a enregistré près de 800.000 tués, de nombreuses victimes ont trouvé la mort dans les églises catholiques où elles s’étaient pourtant refugiées dans l’espoir d’avoir la vie sauve. L’attitude controversée de l’Eglise pendant ce génocide a donné lieu à plusieurs procès contre les prêtres, religieux et religieuses, qui ont été jugés par le tribunal pénal international pour le Rwanda (ainsi que les tribunaux rwandais et belges) ; certains ayant été acquittés, d’autres condamnés pour leur rôle au cours de ce génocide.

Le pape François implore ‘‘le pardon de Dieu’’

Aussi, le Pape François a-t-il « imploré le pardon de Dieu » pour les « péchés et les manquements de l’Église et de ses membres, dont des prêtres, et des hommes et des femmes religieux qui ont succombé à la haine et à la violence, trahissant leur propre mission évangélique.» certes, le pontife n’a pas clairement regretté la responsabilité du Vatican comme l’espérait Paul Kagamé, mais à Kigali, on saura se contenter de cette demande de ‘‘Pardon’’ à ‘‘Dieu’’ qui sonne comme un début d’aveu de péché… D’où cette repentance du pontife qui a clairement exprimé « sa solidarité avec les victimes et ceux qui continuent à souffrir des conséquences de ces tragiques événements. »

23 ans après les atrocités qui ont prévalu au cours de ce génocide, certaines plaies restent encore béantes, preuves de cette barbarie humaine sans nom, le dernier génocide en date de l’histoire de notre humanité. Le ‘‘souverain’’ pardon consenti enfin hier par le pontife suffira-t-il à accélérer le processus de cicatrisation ? Seuls les survivants de ce film d’horreur pourront répondre à la question…

Sans doute que Dieu acceptera ce ‘‘pardon’’ qui vient du (cœur ?) Pape. Les rwandais, eux, sauront-ils pardonner à l’Eglise ?

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