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Le malgache a été élu président de la Confédération africaine de football, à la surprise générale de certains observateurs avertis du football africain, 34 voix contre 20 pour son challenger Issa Hayatou. Après l’euphorie de la victoire, le nouveau patron du foot africain et son équipe sont appelés à se pencher sur les défis et réformes.

Ces dernières années, l’instance dirigeante du football africain a été secouée par des crises et des scandales qui ont terni son image. La Caf, et notamment son président, a été au cœur des polémiques et  citée en 2015 dans une affaire de corruption à la Fifa. Mieux, certains de ses membres sont souvent soupçonnés de scandale et suspendus. C’est le cas du nigérian Amos Adamu. Il a écopé de 2ans de suspension en début d’année. Une sanction infligée par la chambre d’instruction et d’éthique de la Fifa. Il était reproché à l’ancien président de la fédération nigériane de football, la violation du code d’éthique de l’institution. Le nouveau président de la Caf Ahmad Ahmad, doit œuvrer à restaurer l’image de l’instance. Aussi, le nouveau président peut réformer le fonctionnement même de l’administration de l’instance, pour une grande efficacité.

Sur le terrain, des réformes nécessaires sont à apporter au football africain qui apporte beaucoup au foot mondial. Sa restructuration est donc une urgence. Jusque-là, le football africain peine à égaler celui de l’Europe, surtout au plan de la politique sportive et des innovations. Certains amoureux du cuir rond et des observateurs avertis s’accordent souvent à dire que le football africain est malade de ses dirigeants. Il est important que le président trouve les mécanismes pour mettre fin aux conflits internes des fédérations africaines. Ces conflits concentrent l’attention et l’énergie des dirigeants de fédération au détriment du côté sportif.  L’essentiel, c’est qu’il faut prendre des initiatives pour que le football africain émerge davantage.

D’autres  réformes qui s’imposent

Le nouveau président de la Caf et son équipe doivent repenser le football africain dans son ensemble. Techniquement et tactiquement, l’Afrique traine encore des tares. La preuve est que jusque-là, aucune équipe du continent n’a encore réussi à atteindre l’étape de la demi-finale d’une coupe du monde. A la coupe du monde des clubs champions, le représentant africain fait souvent piètre figure. Cette situation doit interpeller les nouveaux dirigeants. Ceci est peut-être dû au fait que le champion africain est connu à la veille du tournoi. Il n’a pas le temps nécessaire pour se préparer en conséquence.

Ahmad Ahmad et les siens sont également attendus sur plusieurs autres chantiers à savoir : les règlements et les rapports CAF-UEFA-FIFA, sur les transferts de jeunes joueurs africains qui doivent être revus, sans oublier leurs naturalisations.

Sur le sujet, la CAF doit œuvrer pour encourager les jeunes joueurs africains nés en Europe à mettre leurs talents au service de leurs pays d’origine. La nouvelle administration de la Caf doit œuvrer à lever l’immunité, l’impunité qui sévit au niveau de certaines fédérations nationales, afin d’éviter les crises internes qui les arrièrent.

Revoir la périodicité du déroulement de certaines compétitions majeures

Il faut que les calendriers des rencontres éliminatoires soient retouchés légèrement, ceci pour éviter que les mêmes équipes se croisent souvent lors des phases éliminatoires, comme ce qu’on observe actuellement. Revoir les calendriers des compétitions comme la coupe Caf et la ligue des champions). Il est souhaité une harmonisation des calendriers des championnats des 54 fédérations de la CAF, pour que les champions soient connus dans la même période. Cela va certainement faciliter le déroulement des tours préliminaires et les matchs de poule des compétitions continentales de clubs.

L’attribution de l’organisation de compétitions comme la Can doit désormais respecter des critères bien définis, afin qu’on n’observe plus aucun disfonctionnement à la veille de la compétition. La période de sa tenue peut être aussi revue en tenant compte du déroulement des championnats européens dans lesquels beaucoup de joueurs africains évoluent. Dès lors, ils auront le temps de se concentrer sur la Can et donner le meilleur d’eux-mêmes. Le problème s’est déjà posé à plusieurs éditions, et il faut que ça change. Le pays qui abrite la Can doit avoir des infrastructures qui respectent les normes. On lui fixe un délai rigoureux dans lequel il doit être prêt pour accueillir les délégations étrangères.

Ces dernières années, les droits de diffusion TV des matchs de la Confédération Africaine de Football ont augmenté sensiblement, et cela ne permet pas à certains pays d’offrir de belles  affiches à leurs téléspectateurs. Il est nécessaire que ces droits soient revus à la baisse pour permettre à tous de les acheter.

La tâche ne sera pas facile et en un seul mandat, le malgache ne pourra pas relever ces défis, mais rien n’est impossible. Il faudra donc opérer les réformes avec méthode, surtout que le tout nouveau n°1 de la CAF connait bien la maison.

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