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En relation internationale n’y a pas pire affront diplomatique à l’encontre de l’Allemagne que celui qui consiste à rabrouer, par la moindre allusion à son passé nazi, la première puissance européenne.

C’est pourtant et très précisément ce que vient de faire le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, qui était bien conscient qu’il frappait là où ça fait le plus mal, en accusant ce week-end l’Allemagne d’Angela Merkel de faire usage de ‘‘pratiques nazies’’. Aïe !

Tout est parti, en fin de semaine dernière, de l’interdiction d’au moins deux meetings électoraux qui devaient se tenir en Allemagne par les Pro-Erdogan pour appeler à voter OUI au référendum qui aura lieu en Turquie le 16 avril prochain. Il n’en fallait pas plus pour mettre dans tous ses états le président Turc qui, au lendemain du coup d’état manqué contre son régime, est devenu colérique, hystérique, à la limite paranoïaque.

Au commencement était le coup d’Etat manqué du 15 juillet

Il y a eu ces événements du 15 juillet au cours desquels son pouvoir est passé à deux doigts de vaciller. Depuis, Recep Tayyip Erdogan a instauré un mini climat de terreur dans son pays, la Turquie, qui vit depuis lors au rythme des purges, règlements de compte, multiplication de mesures pour renforcer son pouvoir. C’est d’ailleurs dans ce sens que le régime actuel a revu de fond en comble la constitution du pays et programmé pour le 16 avril prochain le référendum qui devrait permettre à Erdogan de faire passer la nouvelle loi fondamentale du pays. Une constitution taillée sur mesure, qui lui permettra, entre autres, de réinstaurer la peine de mort et, naturellement, de renforcer considérablement les pouvoirs du président.

Une posture nazie pour dénoncer des pratiques nazies ?

On peut donc aisément imaginer la furie d’Erdogan quand il a appris que les meetings électoraux programmés en faveur du OUI par ses partisans ont été interdits en Allemagne. Courroucé, il n’a pas trouvé hier dimanche autre expression que ‘‘pratiques nazies’’, pour qualifier l’affront. A quoi, les autorités allemandes ont vivement réagi aujourd’hui.

« Nous rejetons l’assimilation de la politique de l’Allemagne démocratique à celle du national-socialisme », a déclaré ce lundi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel. Au lendemain de l’interdiction, le gouvernement allemand avait déjà expliqué que « l’autorisation de tels rassemblements n’était pas du ressort du pouvoir fédéral, mais des mairies concernées. »

Mais de cela, Erdogan n’en a cure, convaincu comme il en donne l’impression depuis près de 09 mois maintenant, que le putsch manqué du 15 juillet 2016 contre son régime lui offre une occasion inespérée pour établir un pouvoir hyperpuissant en Turquie, voire au-delà de ses frontières nationales.

Comme l’histoire de l’Allemagne nazie en témoigne, on ne contrarie pas impunément un despote en quête d’autocratie. Ironie de l’histoire, c’est l’Allemagne démocratique d’Angela Merkel qui l’apprend à ses dépens. Sacré Erdogan !

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1 COMMENTAIRE

  1. On voit bien la ou est la démocratie en Allemagne Pays bas,suisse etc…les meetings turcs n ont rien à faire en Europe.cela peut se comprendre.je suis pas pro-erdigan.du tout mais comment expliqué que l ont favorise un partie.celui du NON..ce n est pas ça la démocratie..on voit bien la que c est les européens qui jouent avec la Turquie

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