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La situation des migrants en Libye aura fait beaucoup d’émules. En effet, si le monde s’est déclaré choqué par les révélations faîtes sur la situation des migrants passant par la Libye, les révélations ne sont pas prêtes de s’arrêter. En effet, le Mauritanien Biram Dah Abeid, a profité de son passage à Bruxelles, au cours de la Confédération internationale des syndicats, pour dénoncer la situation des esclaves mauritaniens. Pour rappel, Dah Abeid est à la tête de l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA).

Interrogé par nos confrères de la BBC Afrique, Dah Abeid s’est ainsi déclaré sceptique face aux stratégies mises en place par les gouvernements européen et africain afin de lutter face à ces nouveaux  défis sociaux que sont l’esclavagisme et la traite des personnes, même si leur réaction rapide face à ce nouvelle information est à souligner. Plus localement, Dah Abeid rappelle qu’en Mauritanie, « l’esclavagisme par la naissance » est toujours de rigueur.

Des politiques également mêlées à cette affaire ?

Pour bien comprendre ce à quoi correspond l’esclavagisme par naissance, il faut opérer un retour en arrière. En effet, selon cette loi inscrite dans la culture mauritanienne, un homme « esclave » aura un enfant qui sera lui-même « esclave ». D’ailleurs, au cours de son entretien, le leader de l’IRA assure que sur ces enfants, s’applique le « principe de la propriété privée ». Selon ses chiffres, 20% de la population mauritanienne serait ainsi « détenue ». Fustigeant les politiques qui étouffent les mouvements qui tentent de dénoncer cette situation, il assure même que le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz et ses paires profitent de ce système, bien que l’esclavage soit aboli en Mauritanie.

Sur le plan international, Biram Dah Abeid a également condamné le fait que les partenaires économiques et politiques de la Mauritanie ne bougent pas beaucoup sur ce dossier, arguant que la lutte sécuritaire contre le terrorisme était le lien central qu’entretenait la Mauritanie avec l’Union européenne ou encore les Etats-Unis. De fait, afin de médiatiser son combat, Biram Dah Abeid s’est déclaré candidat à la présidentielle de 2019, espérant que sa cause soit entendue globalement.

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