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Au Tchad, la nouvelle réforme constitutionnelle a été sévèrement critiquée par l’opposition qui estime que celle-ci, renforce les pouvoir du président en place. Au Tchad, l’opposition grogne. En effet, le prochain passage au « régime présidentiel intégral », conférant plus de pouvoirs au président en place depuis 1990, Idriss Déby Itno fait grincer des dents. Il faut dire qu’il s’agit d’un sacré retour en arrière puisque le chef de l’État, devient également chef du gouvernement, soit les fondements de la constitution de 1962. Résultat, il n’y a plus de Premier ministre. Un temps évoquée, l’idée de la création du poste de vice-président a quant à elle été abandonnée au cours du Forum sur les réformes institutionnelles de N’djamena.

À l’occasion de cette rencontre, de nombreuses résolutions ont été adoptées. Celles-ci seront ainsi prises en compte à l’occasion de la révision de la constitution de 1996 synonyme de passage à la IVe république. Si ces résolutions venaient à être adoptées par voie parlementaire ou référendaire, celles-ci entraîneraient bon nombre de changements. Ainsi, le mandat présidentiel, actuellement long de cinq ans, renouvelable indéfiniment, passerait à 6 ans, renouvelable une seule fois. Concernant le président Déby, celui-ci en est à son cinquième et occupera le poste de chef d’État jusqu’en 2021.

Une réforme qui oublie la majorité pauvre du Tchad

Si cette nouvelle constitution entre en vigueur, celle-ci ne sera pas rétroactive. Résultat, Déby pourrait se représenter deux fois six ans, soit jusqu’en 2033, si jamais il le souhaitait. Une situation de « pouvoir sans partage », selon l’opposant Saleh Kebzabo, arrivé en seconde position à l’occasion des présidentielles de 2017. En effet, le chef de l’État n’aura plus de comptes à rendre à quiconque. Résultat, celui-ci pourra « diriger le Tchad comme il l’entend ». De l’autre côté, les récentes décisions du forum devraient permettre aux femmes d’être plus impliquée dans la vie politique de leur pays, l’objectif étant d’arriver à une situation de parité intégrale.

Cependant, ces réformes touchant plus le monde politique que la société en elle-même sont bien loin des attentes tchadiennes. En effet, la majorité très pauvre des 14 millions de Tchadiens se retrouve sans rien ou presque puisque, légèrement mise de côté. D’ailleurs, le pays est toujours considéré comme étant l’un des plus pauvres au monde. Ajoutez à cela une situation sociale bancale et vous obtiendrez un pays au bord de l’étouffement. En effet, les récentes réformes d’austérités imposées par le gouvernement ne passent toujours pas et les semblants de manifestations sont vite éteints par les forces de l’ordre.

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